ALISADE :
Association pour LInformation et le Soutien autour du Deuil dEnfant
Accompagner la mort dun tout-petit
Cette association (Loi 1901) a pour but daccompagner et aider à vivre après la mort dun tout-petit.
Pour cela, elle propose 2 missions essentielles :
- dune part, une aide aux parents (et plus largement à la famille) endeuillés grâce à des groupes dentraide, soutien, accompagnement
- dautre part, une action dinformation-formation auprès de personnes concernées par la mort du tout-petit (notamment équipes et personnels concernés dans leur cadre de travail).
Les membres fondateurs dAlisade sont :
- Présidente : TARDIF Carole, Maître de conférences des Universités en Psychologie, à Aix en Provence ;
- Vice Président : GEPNER Bruno, Pédopsychiatre, Praticien Hospitalier, à Aix en Provence ;
- Trésorier : PHILIPPON Brigitte, Sage Femme, à Aubagne ;
- Secrétaire : GAC Christine, Thérapeute, à Roquevaire ;
- & APRONEF, Association départementale pour la Protection des Nourrissons, des Enfants et de la Famille, à Marseille, représentée par sa Directrice, Géraldine Louisor.
Pour nous contacter :
- un N° de téléphone portable avec un accueil direct entre 9 et 17h du lundi au vendredi et, en dehors de ces horaires, un répondeur à ce même N°.
Préalables à la création dALISADE et actions possibles dALISADE :
Confronté à la mort dun bébé autour de la naissance (en période pré-, péri- ou post-natale), que faire ?
Cest sans doute parce que bien souvent grossesse, accouchement et naissance riment avec bonheur et événements heureux, quencore très (trop) peu de place est faite au soutien et à la prise en compte des problèmes graves durant ces périodes, et notamment la mort du tout-petit qui, par son caractère inattendu, met lentourage dans un état de choc émotionnel et de sidération quil faudra peu à peu traverser et dépasser pour continuer davancer, en faisant ce travail de deuil si difficile.
Ce long chemin vers la reconstruction peut se faire seul ou accompagné. Cest le choix de chacun. Mais le partage et la parole sont dexcellents alliés pour faire le deuil ; ils peuvent le faciliter. Car, après le choc et lanesthésie (« cest pas vrai
»), il peut y avoir le besoin de crier sa rage, sa colère, sa révolte (« cest tellement injuste
»), ou le sentiment plus insidieux et moins dicible de la culpabilité (« jaurais dû
», « si javais
»), ou encore celui de la douleur face à labsence et au manque (détresse morale, physique
) et souffrance ou malaise face à lextérieur, en famille, au travail, entre amis, en société (« est-il normal que je naie goût à rien
que les autres magacent
que leurs mots me blessent, et leur silence plus encore
»)
autant de sentiments qui vont fluctuer, alterner, et qui seront peut-être difficiles à partager ou à exprimer dans lenvironnement habituel, immédiat.
Cest alors que des associations de parents endeuillés ayant vécu une situation analogue pourront être dun grand réconfort et soutien, dautant que ces parents seront accompagnés par des personnes formées à lécoute et au groupe dentraide. Cest ce que propose ALISADE, en mission première, puisquil nexiste pas (ou trop peu) de groupe dentraide et découte autour du deuil dun tout-petit, dans notre région (Aix-Marseille).
Quest-ce que le groupe dentraide ?
Cest un lieu de parole et découte, un lieu de « rencontre » avec soi-même et les autres. Un lieu de partage dimpressions et de réflexion sur ce que nous ressentons et vivons ici et maintenant, dans le groupe, ou ailleurs, dans notre existence, par rapport à cette perte immense.
Rien nest imposé. Chacun est libre de sexprimer ou de se taire, découter ou dintervenir.
Un groupe dentraide (notion venue du Canada et des pays anglo-saxons) est un nouvel espace social, un sas de sécurité offert aux personnes endeuillées.
Le groupe dentraide est animé par deux personnes formées à lécoute et au deuil, dans une dimension daide et de soutien, conformément aux pratiques développées à ce sujet :
Les objectifs ?
Rompre lisolement ; parler de ce drame ; échanger ; trouver soutien, réconfort, aide
A qui sadresse ce groupe ?
A toute personne en deuil dun tout-petit, pouvant se dire :
« Jai envie de parler de mon enfant, de ma souffrance, dexprimer tout ça quelque part. Jai envie de rencontrer, de partager ce que je vis avec dautres, sensibles à mon ressenti »
« Jai envie de trouver un espace où je puisse mexprimer en dehors dune façade sociale ou des attentes dautrui. Jai envie dêtre de plus en plus moi-même, dans ce cheminement du deuil ».
Le groupe dentraide propose ceci dans la sécurité dun accueil sans jugement, sans pression et sans interprétation.
Modalités de rencontre et moyens ?
- Deux animateurs formés à lécoute et à la relation daide de par leurs pratiques professionnelles et leurs formations complémentaires, et concernés par la mort dun tout-petit, réunissent 8 à 10 personnes ayant perdu un tout-petit, au sein du groupe dentraide qui va ainsi fonctionner une fois par mois, durant une rencontre de 2h30 à 3h, sur une année (soit 12 rencontres), dans le but que les personnes réunies puissent faire part de leurs expériences mutuelles par la confiance et la complicité générées par le fait de vivre une expérience similaire, et quelles puissent ainsi sapporter une aide dans la reconstruction de leur vie.
- Ces réunions se font sur 12 mois, 1 fois par mois, un soir en semaine, dans une même unité de lieu et de temps, et dans un endroit qui permette aux parents en souffrance dêtre accueillis correctement.
A côté de ce groupe dentraide, nous proposerons :
- des Rendez-vous plus individualisés aux familles (couples, fratries) après la mort du bébé, durant les jours suivants et un peu plus tard. Par exemple, leur expliquer ce qui les attend pour les jours suivants : dépositoire, inhumation, crémation
Donner quelques conseils sur ce qui facilite le deuil en général. Inciter les parents à prendre un peu de temps pour penser le devenir du corps de lenfant, le deuil, les réaménagements dans leur vie
et leur remettre, ou laisser à leur disposition, des documents utiles, des lectures, des textes, tout en les commentant avec eux sils le souhaitent. Ne jamais oublier que les parents sont abasourdis et égarés et quil est important de leur dire et redire un certain nombre de choses essentielles pour quils les entendent et les assimilent et puissent être partie prenante de ce qui leur arrive, sans être dépossédés de ces moments qui seront essentiels à faire revivre après la mort de lenfant pour faire le travail de deuil (voir les relais entre lassociation & les services et lieux concernés). Aider les parents et familles à retrouver une meilleure qualité de vie grâce au rôle social du groupe associatif notamment. Les orienter vers dautres types de soutien ou personnes-ressources selon leur besoin, leur domicile, leur souhait.
- Une information-formation-régulation auprès des personnels de santé et autres professionnels :
- proposer un temps dinformation/formation au personnel sur laccompagnement de la mort du bébé, avec réflexion et établissement dun protocole pour mener au mieux ces temps où parents et soignants sont en contact étroit.
- proposer un temps de parole (régulation) aux personnes ayant eu à accompagner la mort dun bébé : pour leur permettre davoir un lieu où déposer cet éprouvé ; pour faire face à cette difficulté ; pour mieux affronter cette réalité ; pour éviter de passer à autre chose ou de refermer le couvercle sur des non-dits (définir la fréquence de ces Rdv et ses participants)
- prévoir un travail de collaboration entre hôpitaux, maternités,
et Alisade, pour créer une sorte de réseau daide et de pôle de ressources en Périnatalité.
Premiers contacts :
- Des contacts et rencontres ont déjà été pris sur la région Aix-Marseille, et bon nombre de structures confrontées à cet événement douloureux sont vivement intéressées par lassociation :
- Service de Réanimation, Pédiatrie, Néonatologie et Neurologie de La Timone et de la Conception
- Service Qualité des Soins à lhôpital
- Maternités de la région et services de gynéco-obstétrique
- Services de Protection Maternelle Infantile (PMI) et Apronef (Marseille 6ème)
- Consultations Périnatalité
- Cabinets de gynécologues obstétriciens et sages-femmes
- D'autres contacts et rencontres à Paris ont permis à notre association dexister en sachant ce quil fallait faire, ne pas faire, comment, où, avec quoi, qui
Tous ces précieux guides nous ont permis de gagner du temps pour savoir que proposer efficacement en partant des démarches bien rodées dassociations qui ont une grande expérience et un recul certain sur cette question-là, et qui nont pas dantennes ou de relais dans notre région. Nous avons ainsi rencontré :
-Lassociation nationale Naître et Vivre (mort subite du nourrisson et deuil d'enfant >3ans) / Mme Morinay / 5 rue de la Pérouse 75016 Paris / ligne d'écoute 24/24h 01.47.23.05.08 / ligne administrative 01.47.23.98.22.
-L'association Vivre son Deuil Paris et Nord Pas de Calais / Dr Maryse Dumoulin
-Lait sans Ciel / Chantal Haussaire-Niquet, auteur de 2 ouvrages de référence sur la question : LEnfant interrompu et Vivre son deuil)
-Unité François Xavier Bagnoud de la Fondation/Hôpital Croix St Simon, Paris, qui dispose d'un fond documentaire précieux et organise des formations au groupe d'entraide pour le deuil
-Choisir lEspoir / Dominique Davous
Enfin, quelques mots pour préciser lutilité de notre association, à partir de témoignages de ceux qui ont pu en observer les bénéfices dans des actions similaires réalisées ailleurs, et dont nous nous sommes inspirées
:
Il existe un mot pour désigner celui qui a perdu un parent : orphelin, celui qui a perdu un conjoint : veuf. En français, il nen existe pas pour celui qui a perdu un enfant. Il ny a pas de mot pour ça. Les parents en deuil ont perdu non seulement leur enfant, mais leur identité de parents. Sans doute, pour la plupart dentre eux, lévénement le plus grave de leur vie.
« Il n'existe pas de hiérarchie dans la souffrance, mais il est vrai que la mort d'un enfant est l'une des épreuves les plus difficiles à vivre, parce que la relation parents-enfants est très intense, explique Daniel Oppenheim, psychiatre dans le Département de Pédiatrie de l'Institut Gustave-Roussy à Villejuif. Et perdre son enfant, c'est être amputé d'une partie de soi. On est durablement endeuillé. Reprendre pied dans la réalité demande du temps. C'est un long processus fait d'allers et retours, de rechutes, de moments de tristesse inévitables. Tout le travail du deuil consiste à parvenir, petit à petit, à établir une autre relation de mémoire et d'émotions avec le disparu, à intégrer en soi le souvenir de lenfant défunt tout en vivant sa propre vie. Certaines familles, vingt ans après, n'y parviennent toujours pas. Elles demeurent dans la même détresse. Elles sont restées figées ».
Pour tenter déviter cela : une association. Partager avec dautres qui savent
qui comprennent
qui ont vécu et vivent tout ça comme nous, comme vous
« La rencontre avec dautres parents endeuillés est souvent d'un grand secours. Parce que ce nest quavec dautres qui savent, qui ont dû faire face à cette catastrophe, que lon peut partager sans retenue, de façon vraie, humble, et la parole et lémotion », déclare Dominique Davous, qui a perdu sa fille âgée de quatorze ans, co-auteur avec Ernoult,A. du livre Animer un Groupe dentraide pour personnes en deuil, et animatrice elle-même de groupe de parents « Apprivoiser lAbsence ».
« Lexpérience des groupes dentraide Apprivoiser labsence est aujourdhui suffisamment riche pour autoriser le partage du savoir acquis au fil des années. Cest une nécessité à un moment où même les institutions hospitalières commencent à percevoir le réel bénéfice de ces groupes avec le désir de sen approprier le fonctionnement », déclare Christophe Fauré, psychiatre, auteur de Vivre le deuil au jour le jour et investi comme co-animateur en groupes dentraide pour endeuillés, depuis des années.
« Entendre cela dans la bouche d'autres parents, cela fait du bien et cela nous permet de vérifier que, finalement, ce que lon ressent est normal. Ces rencontres nous aident à reprendre le cours de notre vie, en se sentant moins fou, moins coupable aussi », explique Misette Jeaugey, mère d'un enfant décédé et engagée dans l'association Jonathan Pierres Vivantes.
« Tous ces parents en deuil ont des points communs, mais chacun réagit aussi à sa manière, et c'est cela qui est enrichissant. Se donner des idées les uns aux autres va permettre à tous de cheminer », constate Daniel Oppenheim, qui a initié les groupes de soutien aux parents en deuil à l'Institut Gustave- Roussy. « Petit à petit, ces échanges et les semaines et les mois qui défilent vont permettre d'inscrire la mort de cet enfant dans la vie, lalléger de cette massivité qui écrasait tous les autres événements. L'important, c'est de redonner aux parents la confiance dans ce qu'ils ont vécu et dans ce qu'ils vivent. Une confiance que la mort de leur enfant n'annule pas. C'est ainsi qu'ils pourront aller de l'avant », conclut Daniel Oppenheim.
Dans le deuil périnatal, la reconnaissance communautaire de la peine, de la souffrance nest pas aisée car lêtre disparu na que peu vécu (voire pas : mort-né, mort in utero). La personne est alors privée implicitement des mécanismes sociaux daide et de soutien. Cest ce quexplique Chantal Haussaire-Niquet dans son ouvrage Le deuil périnatal, afin de montrer lutilité encore plus grande dans un deuil autour de la naissance, dêtre légitimés en tant que parents.
« Toute douleur qui naide personne est absurde », André Malraux.
Cest dans cet esprit quaprès le départ de Lisa, Alisade sest dessinée peu à peu.
Carole Tardif, Présidente dAlisade.